Il faut sauver Oleg Sentsov !

COMMUNIQUE DE PRESSE :
Il faut sauver Oleg Sentsov !
Le cinéaste emprisonné pour 20 ans en Sibérie entame une grève de la faim

« Moi, Sentsov Oleg, citoyen ukrainien, illégalement condamné par la justice russe et me trouvant dans la colonie de Labytnangui, proclame une grève de la faim illimitée à partir du 14 mai 2018. Le seul moyen de l’arrêter est la libération de tous les prisonniers politiques ukrainiens se trouvant sur le territoire de la Fédération de Russie »

Arrêté le 10 Mai 2014 par les forces spéciales russes, le cinéaste et écrivain Oleg Sentsov, qui militait contre l’annexion de la Crimée par la Russie durant l’Euromaïdan, a été torturé, emprisonné et accusé de fomenter des actions terroristes. Il a été jugé en 2015, à partir de preuves fabriquées et de faux témoignages, et condamné à vingt ans de prison à l’issue d’un procès qualifié de « stalinien » par Amnesty International et dénoncé par Kiev, l’Union européenne et les Etats-Unis. Aujourd’hui la vie d’Oleg Sentsov est en danger.

« Le temps presse. On ne séjourne pas sans graves conséquences dans une prison en Sibérie, en hiver, au nord du Cercle polaire. Et si ces lieux résonnent dans notre mémoire collective avec un écho glaçant de détresse et de destruction, c’est parce que nous savons que des femmes, des hommes y furent broyés (…). Nous demandons la libération d’Oleg Sentsov. »

Ces mots ont été écrits il y a quelques semaines par Christiane Taubira, marraine de la campagne lancée par le festival « Un Week-end à l’Est » et l’association « Les Nouveaux dissidents » demandant la libération immédiate du cinéaste.

À l’heure qu’il est, la grande fête du cinéma bat son plein à Cannes, entre réjouissances, hommages, et révélations, mais aussi avec ses débats et ses polémiques. Si Cannes est une formidable occasion de célébrer le cinéma et d’interroger ses limites, c’est aussi le moment privilégié d’y défendre une cause qui concerne l’ensemble du milieu. Ce qui arrive au cinéaste Oleg Sentsov ne relève pas de la fiction : il affronte une violence coercitive réelle, inhumaine, et risque aujourd’hui d’y laisser sa vie. Le compte à rebours est lancé. C’est le moment ou jamais, pour le milieu du cinéma, dont Cannes est l’illustre porte-étendard, de se mobiliser pour la liberté d’expression des réalisateurs, sans qui il n’y aurait ni Cannes ni cinéma. Ni démocratie. M. Thierry Frémeaux, Madame Cate Blanchett, Mesdames et Messieurs les jurés, nous vous demandons de tout mettre en œuvre pour sauver la vie d’Oleg Sentsov, en lui décernant une mention spéciale lors de la clôture du festival. Cet acte fort, engagé, aurait un impact international retentissant, seul moyen de pression dont nous disposons pour sauver Oleg Sentsov. Vous affirmeriez ainsi que l’art et la liberté, toujours, résisteront aux politiques despotiques construites sur la censure et la répression.

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